Infos du Monde ... De Danielle Bleitrach
By des Electrons Libres en Transit on Thursday, June 19 2008, 01:22 - DECONNE ? Hummm ... - Permalink
Vous m’effrayez ! Source : socio13.wordpress.com
Pendant que vous continuez à vous engueuler, à vous diviser entre chapelles dont plus personnes ne voit ce qui les oppose, vous ne vous intéressez même plus à ce qui pèse réellement sur votre vie. Il est facile de traiter quelqu’un de social-démocrate, mais cette désignation devient vide de sens quand on ne voit plus à quoi le PS- qui a renoncé de fait à la social-démocratie- a comme option. Résultat le refus de l’union devient de l’ordre du réflexe conditionné incompréhensible pour le peuple français qui se dit qu’il vaut mieux le PS que la droite puisqu’il n’y a rien de crédible par ailleurs. Hier je vous expose les choix de Sarkozy en matière de défense nationale, et je vous dis qu’il n’y aura pas de réactions de « l’opposition », non seulement du PS mais des communistes. Je ne m’étais pas trompé, la tonalité est donnée par ce petit billet de libération qui rapporte les réactions de l’opposition de sa majesté.
''Discours «fondateur», mais petit couac final. Alors qu’il venait de présenter sa nouvelle politique «de défense et de sécurité nationale», hier à la Porte de Versailles à Paris, le chef de l’Etat a incité, avec force gestes, la salle à chanter La Marseillaise. Le parterre, composé pour l’essentiel d’officiers au garde-à-vous, n’a pas vraiment suivi et le chœur attendu s’est terminé en murmures, à peine masqué par l’allant des ministres et des parlementaires. «Son discours était bien, mais, vraiment, le Président ne nous comprend pas !» assure un officier. Sur le fond, les militaires ont fait un peu la grimace en écoutant le chef des Armées leur annoncer une «baisse substantielle des effectifs», de l’ordre de 54 000 en six ou sept ans (Libération d’hier). Les économies ainsi réalisées permettront de financer de nouveaux équipements. Les effectifs vont baisser de plus de 16 %, mais le président de la République n’est pas entré dans le détail des mesures qui seront présentées par le ministre de la Défense, le 3 juillet. Présentant les grands axes du Livre blanc, qui définit la politique de défense à l’horizon 2020, Nicolas Sarkozy a paru être dans une posture souvent… défensive. En particulier sur la question du retour dans l’Otan, très critiquée à gauche et qui suscite des réticences dans la famille gaulliste. «Nos forces armées resteront nationales», a affirmé le chef de l’Etat. «La France ne placera aucun contingent militaire sous commandement permanent de l’Otan en temps de paix, elle gardera en toutes circonstances une liberté d’appréciation totale sur l’envoi des troupes en opération» , a-t-il promis. Pourtant, la Maison Blanche a «salué la nouvelle» de ce retour de la France dans l’Otan. Mais la gauche, en particulier le PS, ne s’y est pas trompée. Ainsi François Hollande a jugé, sur RTL, «extrêmement grave» le fait que «Nicolas Sarkozy vient de décider de faire revenir notre pays dans le commandement militaire intégré de l’Otan». L’ex-ministre de la Défense Paul Quilès dénonce par ailleurs «une dramatisation de la menace tout à fait anxiogène» alors qu’Alain Richard, lui aussi ancien ministre de la Défense, estime que les conclusions du Livre blanc «sont définies non par une vision stratégique, mais par une logique budgétaire». Sur le fond du dossier, les socialistes sont embarrassés. Ils reconnaissent que si Ségolène Royal avait été élue, ils auraient confié la rédaction de leur Livre blanc au même Jean-Claude Mallet, le conseiller d’Etat qui l’a rédigé pour le compte de Sarkozy. Confidence d’un socialiste : «Au final, notre document n’aurait pas été très différent. Sauf sur l’Otan, où l’on aurait fait de l’idéologie et sur quelques aspects de sécurité intérieure.»''
Voilà le fond de ce qu’est le PS, le leader du parlementarisme français, complètement d’accord sur le fond, comme aux Etats-Unis, obsédé par la seule question de la conquête en 2012 de l’exécutif, et jouant les rivalités internes, leur seul problème étant le gadget médiatique. Et le tragique est que les communistes sont sur la même ligne. Il y a toujours eu chez les communistes une attention extrême portée sur les questions de l’armée. D’abord parce que les communistes avaient une analyse de l’Etat, de l’impérialisme et de la nature du capitalisme qui les incitaient à accorder une grande importance à cette question centrale pour la comprehension du capitalisme. En perdant cette analyse, en ayant un véritable galimatias vaguement social à la place, les communistes n’ont plus rien à dire, ils ne se préoccupent même plus de la paix et de la guerre. Leur monde s’est retréci, l’idée d’une armée entièrement orientée vers le choc des civilisations, derrière les Etats-Unis ne leur fait plus ni chaud, ni froid. Que l’argent de nos écoles, de nos hopitaux, de notre système de santé dont le même Etat se désengage parte dans les caisses de Dassault leur est indifférent. Que disparaisse une armée nationale, assurant la défense du territoire au profit d’une armée ayant vocation le rétablissement de l’ordre sur des pays que l’on va déclarer terroristes pour mieux en piller les ressources, les indiffère. Que les projets de notre président d’une Défense européenne de même acquabit soit une des causes (la seconde selon les sondages) du refus irlandais, leur importe peu.
En revanche du côté du capital, ils ont déjà compris et il sera intéressant de voir dans les journaux financiers les concentrations d’intérêts autour du pactole des équipements militaires (1), ils vont partir à la curée des recettes que l’Etat leur réserve. C’est là qu’il y a une influence réelle du PS, celui-ci est atlantiste, il accepte cette Europe qui nie la nation, met en concurrence les peuples et les travailleurs pour mieux les piller. Et comme tous les dominés, les communistes et tous les groupuscules de gauche satellisés par le dit PS, y compris les verts et la Ligue, chacun à leur manière, ils n’ont plus de politique étrangère, plus de politique de la défense autonome. C’est-à-dire qu’ils ont renoncé au pouvoir politique, ils acceptent les miettes, lesupplément d’âme du “social”.
J’en arrive à me demander si le renoncement à la dictature du prolétariat ne nous a pas conduit aussi vers cette débilité. Je ne regrette pas la terme, mais j’aurais souhaité que le contenu que Marx lui donnait, la démocratie poussée jusqu’au bout puisque la majorité arrive à renverser la dictature de la minorité (le capital) soit au contraire fouillé, développé. Mais surtout je crains qu’avec cet abandon nous soyons dans l’illusion, celle d’un renversement facile du capitalisme, comme si celui-ci avait pour habitude de se plier sans résistance au verdict des urnes. Ce qui se passe aujourd’hui où le Non iralandais, après celui de la France et de la Hollande est en train d’être nié prouve le chemin sur lequel le capital s’engagera si le verdict des urnes lui était défavorable. Est-ce que vous ne voyez pas les liens entre les sommes fabuleuses que représente une Défense européenne pour les marchands de mort et le Traité constitutionnel que l’on tente de nous imposer. Les armées demeurent nationales et il faut une constitution nouvelle pour dépouiller les nations de leurs armées, de leur pouvoir de voter la guerre ou de la refuser. En ne vous intéressant pas à tout cela, vous êtes en train d’offrir au capital votre propre démission face à tout ce qu’il vous imposera.
Vous ne voyez pas le scénario qui se joue avec des renseignements informatisé, spatialisés, c’est-à-dire la logique déjà suivie par la CIA et avec le succès que l’on sait, mais qui présente l’avantage de créer un réseau d’espionnage sur les peuples. Vous ne voyez pas que l’armée que l’on nous prépare est celle qui refuse l’affrontement sur le terrain mais balance des bombes sur les populations civiles. In tégrée à la même armée étasunienne dans l’OTAN, une armée européenne et plus nationale.
Vous pouvez défiler, protester contre les attaques contre nos protections sociales, contre notre droit du travail, si vous ne voyez pas qu’on est en train de vous faire entrer dans une logique de guerre contre un ennemi invisible, de provoquer la haine contre les peuples, vous n’avancerez pas.
Les textes de préparation des congrès sont proprement effrants de vide, d’incapacité à penser une stratégie, et plus que tout ce qui éclaire ce vide est l’incapacité à même s’intéresser aux enjeux d’un monde qui devient de plus en plus injuste, de plus en plus dangereux et dans lequel se joue la défense de l’humanité.
Danielle Bleitrach
(1) Le livre blanc définit trois cercles pour l’achet de ces biens d’équipement militaires, et les industriels de l’armement français espèrent bien profiter de la présidence française, mais le refus irlandais, l’absence de Constitution est un problème, comme d’ailleurs le manque d’enthousiasme de certains pays devant cette défense européenne. analyse commune des besoins militaires, renforcement de l’action de l’Agence européenne de défense, mise en place de règles communes pour l’achat d’équipements militaires, etc. En attendant, le Livre blanc met en avant une stratégie industrielle nationale en trois cercles. Le premier, dit « de souveraineté », regroupe les technologies que la France doit conserver par elle-même : dissuasion, missiles balistiques, sous-marins nucléaires d’attaque, mais aussi sécurité informatique. Le deuxième, à dimension européenne, est considéré comme « le cadre de référence » pour la majorité des acquisitions. On y retrouve les avions de combat, les drones, les satellites, l’électronique de défense, les sous-marins classiques, les bâtiments de surface et armements terrestres. Problème : son développement suppose une « volonté politique partagée » par les autres pays, ce qui est loin d’être le cas. Le dernier cercle, mondial, inclut tout ce qui peut être acheté sans risque majeur pour l’approvisionnement ou la liberté d’emploi.