« Le fait même que l’option de la frappe militaire soit de retour dans le débat public signale un changement important dans le discours politique. » L’agence McClatchy analyse le récent regain des menaces contre l’Iran, tant à Washington qu’à Tel Aviv. L’option militaire, battue en brèche après le rapport du NIE, revient sur le devant de la scène. A cela deux raisons. Les faucons américains n’ont jamais abandonné leur projet de s’en prendre à l’Iran, et Israël s’inquiète de voir se refermer la fenêtre d’opportunité que lui offre l’administration Bush. Qu’importe que l’Iran ait fait une proposition de négociation sur tous les sujets de conflit, du nucléaire à la sécurité régionale. Qu’importe que Téhéran ait proposé la mise sur pied d’un consortium international de l’enrichissement d’uranium, destiné à prévenir la diversion des matériaux nucléaire. Qu’importe que l’enrichissement soit un droit reconnu par le TNP et une question de fierté nationale que les iraniens, toutes opinions confondues, ne braderont pas, régime des Mollahs ou pas. Qu’importe que les appels à un véritable dialogue se multiplient, à l’image de celui lancé par Brzezinski et Odom. Les partisans de la manière forte poursuivent obstinément leur travail de sape et le monde joue à la roulette Russe, dans une indifférence quasi-générale, et en France dans le silence assourdissant des politiques, alors même que l’atlantisme de l’Elysée fait de nous des belligérants potentiels. Au centre du dispositif, le doigt sur la gâchette, Bush, l’inspiré, écoute ses voix. Celle de Dieu, qui dit-il le conseille. Celle de la basse continue de Dick Cheney, l’imprécateur. Celle d’Olmert, le très partial conseiller spécial aux affaires Moyen Orientales. Nous voila prévenus. Le sort du monde dépend à nouveau de cet homme et de ses lubies, et le pire est à redouter, une fois de plus.

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