Info du Monde .. Du " Bordel " Iranien ... et des prix du pétrole
By des Electrons Libres en Transit on Thursday, May 22 2008, 22:01 - MOYEN ORIENT - Permalink
Ou comment les States ont plus que du mal à foutre le boxon en Iran ... Pourtant , ils s'acharnent ... Et par cet article, nou savons la confirmation que les States, l' Angleterre et la France ne forment plus qu'une seule identité ... Bonjour les dégats à quelques semaines de la presidence Frenchie Européenne
Source : Geopolitique.com
Royal Dutch Shell et Repsol renoncent à développer la plus grande réserve de gaz naturel au monde… En Iran. Revenant sur l’accord signé l’an passé avec Téhéran, elles ont annoncé qu’elles ne participeraient pas à la phase 13 de South Pars, un gisement situé dans les eaux iraniennes. Le groupe Total communiquera ses intentions à Téhéran à la fin du mois de juin. Suspens...
Les compagnies énergétiques ne nous avaient pas habitués à une telle inconstance.
Ni Shell, ni Repsol n’ont pas officiellement expliqué leur décision. Officieusement et sans autre précision, « des incertitudes et des risques géopolitiques » ont été évoquées.
Il est en effet difficile pour ces compagnies pétrolières de motiver leur décision de renoncer à participer au développement de cet eldorado gazier, d’une superficie de 1.300 kilomètres carrés.
Le marché mondial est demandeur, les prix du pétrole et du gaz s’envolent et les acteurs du secteur se livrent une concurrence acharnée pour avoir accès aux gisements.
Un motif politique prévaut.
Les Etats-Unis ont l’Iran dans leur ligne de mire et multiplient les pressions économiques pour empêcher les compagnies pétrolières occidentales de participer à l’exploration et à l’exploitation des hydrocarbures de ce pays.
Au motif que Téhéran veut se doter de l’arme nucléaire et menace Israël, les Etats-Unis sont parvenus à faire adopter par le Conseil de sécurité des Nations Unies trois séries de sanctions visant l’Iran.
Mais, même avec l’aide de la Grande Bretagne et de la France, Washington n’a pas, à ce jour, obtenu de la communauté internationale que les sanctions soient étendues au domaine de l’énergie.
L’enjeu est de taille : l’exploitation des hydrocarbures représente, avec 70 milliards de dollars, 80 pour cent du revenu annuel en devises étrangères de l’Iran.
L’administration du Président Bush, qui ne répugne pas à l’unilatéralisme, a mis en place son propre boycott.
Elle s’emploie à le faire respecter y compris par les entreprises non américaines en exerçante toute la gamme des pressions politiques, diplomatiques et économiques.
Les banques, particulièrement visées, ont été ainsi informées que financer des projets pétroliers en Iran pouvait leur interdire l’accès au marché financier américain.
Cependant, d’un point de vue technique, un alignement sur ce boycott de l’Iran fait peser un risque de tension sur l’approvisionnement en énergie de l’Europe.
Les clients pour les hydrocarbures iraniens ne manquent pas. Téhéran a d’ailleurs prévenu que Gazprom pour la Russie, Sinopec pour la Chine, l’INOC pour l’Inde et SKS pour la Malaisie, étaient sur les rangs pour prendre la place des compagnies européennes dans South Pars.
L’Iran, l’Inde et le Pakistan viennent également de relancer le projet de gazoduc reliant les trois pays, en souffrance depuis plusieurs années en raison de l’obstruction des Etats-Unis.
La signature formelle pour ce gazoduc est prévue pour juin. L’accord a été annoncé le mois dernier lors de la visite officielle du président iranien Mahmud Ahmadinejad à Islamabad et à New Delhi.
Malgré ses interventions, Washington n’a pu empêcher le Pakistan et l’Inde, ses deux principaux alliés stratégiques dans le sous-continent, de se mettre d’accord avec Téhéran sur un projet d’un montant de 7,6 milliards de dollars qui « désenclave » l’Iran.
L’Iran moderne, y compris depuis la révolution islamique, regardait vers l’ouest et l’occident.
Il n’est pas de l’intérêt des pays européens de contraindre Téhéran à regarder vers l’est et l’Asie où ses voisins immédiats lui offrent accès à la technologie, débouchés pour ses hydrocarbures et marchés pour ses besoins en produits manufacturés.
Dans ce Proche Orient où se trouvent une grande partie des ressources mondiales connues de pétrole et de gaz, les Etats-Unis contrôlent l’Arabie Saoudite.
Les compagnies américaines verrouillent les gisements pétroliers de l’Irak, à la faveur de l’occupation militaire.
Si les sanctions imposées par Washington contraignent l’Iran à se tourner vers l’Asie, que pourra-t-il bien rester à l’Europe pour assurer son indépendance énergétique ?
La Suisse est passée outre. Aux termes d’un contrat d’un montant de 27 milliards d’euros signé fin avril, l’Iran fournira pendant 25 ans du gaz à la compagnie suisse Elektrizitäts-Gesellschaft Laufenburg (EGL).
Les Etats-Unis ont pourtant menacé publiquement la Suisse de lui retirer le rôle de représentant des intérêts américains à Cuba et en Iran qu’elle assure depuis que Washington a rompu ses relations diplomatiques avec ces deux pays.
Total avait obtenu, comme Shell et Repsol, une option sur le développement de South Pars. Au terme de l’accord préliminaire, le délai donné à la compagnie française pour confirmer ou renoncer à l’opération expire fin juin.
La compagnie pétrolière française essaie de tergiverser mais l’Iran entend la contraindre à se prononcer.
La réponse de Total donnera une bonne idée de son indépendance ainsi que de la volonté et des capacités de Paris à suivre une politique indépendante de Washington.
Now, ce délire du prix du pétrole
En huit ans, le prix du baril de pétrole brut a été multiplié par quatre. Pour les seuls douze derniers mois, il est passé de 60 dollars à plus de 110. Et personne ne se hasarde à dire quand cette hausse s’arrêtera...
Les dirigeants politiques au contraire l’invoquent pour expliquer les difficultés économiques et justifier les augmentations de prix des denrées et des services les plus divers.
Quand le coût de l’énergie augmente, tout augmente ?
Non, ce n’est pas aussi simple et l’augmentation du pétrole brut n’est pas partout ce qu’elle paraît être.
Les cours du pétrole sont en effet calculés en dollars et le dollar, par rapport à l’euro ou aussi au yen, ne vaut plus ce qu’il valait.
Si la parité entre la devise américaine et la devise européenne était restée la même ces dix dernières années (en gros 1 pour 1), le prix du baril de but plafonnerait aujourd’hui aux alentours de 57 dollars.
Depuis 2001, les prix en dollar du pétrole et de l’or ont progressé de concert, le métal précieux gagnant 239 pour cent et le brut 267 pc.
Si le dollar était resté « aussi bon que l’or » après tout c’est bien comme cela qu’il a été longtemps considéré le pétrole aujourd’hui ne vaudrait pas 110 dollars mais 27 ou 28.
Un coup d’œil sur les courbes du dollar et du pétrole suffit pour s’apercevoir qu’ils évoluent en sens inverse, la montée de l’un se traduisant par la baisse de l’autre. Ce n’est pas donc le brut qui augmente mais le dollar qui baisse.
La demande grandissante des pays comme la Chine et l’Inde, des menaces sur le volume de la production ou des inquiétudes sur le niveau des réserves jouent certes un rôle mais moindre que la perte de confiance dans la monnaie américaine et la politique monétaire de Washington.
Les flambées du prix du pétrole en 1973 et 1980 avaient été provoquées par l’embargo pétrolier arabe puis par la révolution iranienne.
Aujourd’hui, la véritable question que se posent les opérateurs sur le marché du pétrole, où sont d’autre part apparus de nouveaux spéculateurs, n’est pas la stabilité géopolitique mais le cours du dollar.
Et c’est ainsi que commence un cercle vicieux : chaque dollar ajouté au prix du baril accroît d’autant le déficit de la balance commerciale américaine ce qui diminue la valeur du dollar.
Pour maintenir leurs revenus, les pays producteurs augmentent leurs prix libellés en dollars. Et ainsi de suite.
Le dialogue de sourds entre les Etats-Unis et l’Organisation de pays exportateurs de pétrole l’illustre.
Augmentez le volume de la production afin que les prix baissent, demande Washington. Contrôlez le dollar afin que nous puissions maintenir le niveau de nos revenus pétroliers, rétorquent les pays producteurs.
La situation des pays producteurs, plus spécialement des pays du Golfe est d’autant plus inconfortable que depuis longtemps ils accumulent des réserves en dollars, que leurs revenus sont essentiellement constitués en devise américaine et que le taux même de leur monnaie est fixé par rapport au billet vert.
Le sujet est tabou.
Les dirigeants saoudiens, lors d'une rencontre internationale en décembre dernier à Abou Dhabi, n'ont pas souhaité que la faiblesse de la monnaie américaine soit un sujet officiellement mentionné dans l'agenda de leurs discussions.
Il n’en a pas été de même le mois dernier à Vienne, lors d'une réunion de l'OPEP.
Il est vrai que la chute du dollar se poursuit, entraînée par les baisses des taux d’intérêts américains.
Tandis que Washington se montre décidé à stimuler son économie même si cela implique d'exporter ses difficultés financières en nourrissant une inflation mondiale.
Fermez le ban ... Et bonjour les bénéfices engrangés par Total and Co