...sur les journaleux, qui l'est et ne le serra plus et les sources blablabla ... ( Ceci dit, assez édifiant contre une certaine liberté simplement démocratic toc ) nous avons retrouvé cet excellent article de Dedaj Viktor ( webmaster de " Cuba Solidarity Project "et qui a publié (septembre 2005) avec Danielle Bleitrach et Maxime Vivas " Les États-Unis DE MAL EMPIRE Ces leçons de résistance qui nous viennent du Sud " ( Merci à " Le grand Soir " pour le rappel de cet article )

Par ailleurs, et apres la retranscription de cet article, un autre tout aussi rigolo :

RSF et les douze salopards. par VIVAS Maxime

Mais tout d'abord, cet article de Viktor donc :

Sur le site du magazine états-unien The Nation on trouve l’information suivante :

Le 27 juillet 2004, lors de la convention du Parti Démocrate qui se tenait à Boston, les trois principales chaînes de télévision hertziennes des Etats-Unis - ABC, NBC et CBS - n’ont diffusé AUCUNE information sur le déroulement de la convention ce jour-là. Pas une image, pas un seul commentaire sur un événement politique majeur à quelques mois des élections présidentielles aux Etats-Unis. Pour la première fois de l’histoire des Etats-Unis, le plus vieux parti politique du pays a été totalement ignoré par les plus grands médias du pays. Une première pour la presse la plus libre de la planète...

www.thenation.com/thebeat/index.mhtml ?bid=1

Bonjour,

Vous avez déjà vu un hamster en cage ? Mignon, n’est-ce pas ? Tout petit, j’étais fasciné devant le spectacle d’un hamster courant dans l’inévitable roue qui garnissait sa cage. Il faut bien dire qu’il n’avait pas grand chose d’autre à faire, le pauvre. Il faut dire aussi que les choses ne se sont guère arrangées pour lui depuis l’instauration des 35 heures. Bref, il courait, courait le hamster derrière une hypothétique médaille d’or de l’ennui carcéral.

Il fallait être un humain doué d’une intelligence supérieure pour s’apercevoir qu’en réalité l’hamster faisait du sur-place. Et comme j’étais justement doué d’une telle intelligence, je suis rapidement arrivé à la même conclusion, agrémenté d’une opinion - un peu péremptoire, certes, mais j’étais tout petit, rappelez-vous. Et cette opinion à l’époque était la suivante : "il n’y a rien de plus con qu’un hamster".

Il m’a fallu un certain temps - le temps de frotter ma peau burinée contre le revêtement anti-adhésif des casseroles médiatiques - pour comprendre à quel point j’avais tort. En réalité, il existait bien un être encore plus con qu’un hamster et j’hésite encore à vous révéler son identité. Mais j’en ai déjà trop dit, ou pas assez, alors tant pis, je vous le dis : plus con qu’un hamster, il y avait moi.

Non, je vous en prie. Epargnez-moi vos consolations maladroites, votre condescendance humiliante, vos justifications déplacées, votre sympathie à retardement... Jugez plutôt sur pièces : j’ai longtemps admis sans sourciller l’idée - sans cesse rabâchée, martelée, imposée - que "La liberté de la presse est le meilleur garant de la démocratie". Message subliminal colporté aujourd’hui par cette officine de bras cassés qui se nomme Reporters Sans Frontières.

J’adore décortiquer ces idées qui traversent la société comme une colonne de GI’s traverse le désert Irakien : droit devant, sans poser de questions. Les formes sombres calcinées sur le bas-côté de la route ne sont jamais interviewées. Dommage pour eux. Dommage pour nous.

En vérité, "La liberté de la presse est le meilleur garant de la démocratie" sonne comme une injonction divine. Son apparente évidence paralyserait et laisserait sans voix même le plus déjanté des commentateurs sportifs brésiliens. C’est vous dire si le travail de critique est rude, politiquement incorrect et risqué. D’où mon empressement à le faire.

Ce n’est d’ailleurs pas tellement que j’aurais changé, c’est juste que je viens de m’en rendre compte. Et n’allez surtout pas croire que j’aurais soudainement décidé de couper les cheveux des mouches en quatre. Si chaque mot à son importance, et je le crois, nous sommes en présence ici d’une arnaque intellectuelle de première grandeur qui, comme toutes les idées similaires, projettent un écran de fumée sur la réalité des choses et participent au maintien d’un statu quo qui convient à une petite minorité. Après tout, "les idées (prétendument) dominantes d’une époque ne sont (jamais) que les idées (imposées) de la classe dominante de l’époque" disait - de mémoire - un barbu marxiste. Les mots entre parenthèses ont été rajoutés par mes soins, histoire de me donner aussi une petite dimension historique.

Procédons d’abord à une petite analyse de texte : "La liberté de la presse est le meilleur garant de la démocratie" disent-ils. On aurait pu dire "La liberté des journalistes..." (les individus), mais on dit "la liberté de la presse" (l’industrie). Nuance subtile mais ô combien importante pour l’inconscient collectif. Selon Serge Halimi, "L’information est devenue un produit comme un autre. Un journaliste dispose d’à peine plus de pouvoir sur l’information qu’une caissière de supermarché sur la stratégie commerciale de son employeur."

Alors gardons le parallèle et énonçons une nouvelle "vérité évidente" à la manière de RSF : "La liberté de la grande distribution est le meilleur garant des consommateurs". Et là, du coup, plus personne ne rigole. Et que dire de ceci : "La liberté des promoteurs immobiliers est le meilleur garant des locataires" ? Et là, du coup, vous êtes bien pâle. J’aime bien aussi celle-ci : "La liberté des patrons est le meilleur garant des travailleurs". Et là, du coup, vous êtes au chômage.

En déclinant les exemples, l’absurdité de la chose prend toute son ampleur.

Oui, je sais, on me rétorquera que je joue sur les mots, que "liberté de la presse" n’est qu’une manière comme une autre de dire "liberté des journalistes". Je pense que non. A l’heure où l’attrait du libéralisme (économique) bat de l’aile partout dans le monde, il devient essentiel de sauvegarder la mainmise sur ses moyens de propagande. Sous un pseudo-défense de la démocratie, on voudrait nous faire croire que la liberté (de fusionner, de se vendre comme un paquet de lessive, de se multinationaliser et même de nous mentir) de la presse serait un garant de nos libertés. Comme par hasard, les dernières lois états-uniennes de réglementation des médias (des lois de "non-liberté de la Presse") viennent d’être abrogées aux Etats-Unis par une administration qui a déjà largement démontré son attachement à la démocratie, n’est-ce pas ? Et pour quels résultats ? Les plus grands "fournisseurs d’informations" de la planète (i.e. les médias états-uniens) sont à présent l’objet d’OPA sauvages, de méga-fusions, de prises de contrôle réciproques... Et pour quel(s) résultat(s) ?

Bon, admettons que je joue sur les mots. Alors nous dirions "La liberté des journalistes est le meilleur garant de la démocratie". Ah bon ? Etrange chose que d’affirmer que le meilleur garant de la démocratie soit la liberté d’une catégorie socioprofessionnelle, et d’une seule, fusse-t-elle journalistique. Pourquoi pas "La liberté des travailleurs sur leur lieu de travail est le meilleur garant de la démocratie" ?

Le ridicule de la chose atteint son comble lorsque RSF défend les médias monopolistiques et ouvertement putschistes du Venezuela - sous prétexte que Chavez aurait froncé des sourcils à l’encontre de ceux qui ont tout fait pour éliminer un président démocratiquement élu et respectueux de la constitution de son pays. Encore plus ridicule lorsque la même RSF s’abstient (refuse) de défendre les seuls journalistes en prison au Venezuela (emprisonnés par des forces antichavistes), à savoir ceux des médias communautaires... Mais il est vrai que ces derniers n’étaient pas au service de "la presse"... Ils n’étaient au service que de l’information. Nuance.

Alors où commence et où s’arrête cette fameuse liberté de la presse ? La liberté de la presse inclut-elle les appels au coup d’état ? La liberté de la presse inclut-elle la liberté des journalistes de se faire rémunérer par une puissance étrangère dans le but de renverser le gouvernement de son pays ? La liberté de la presse inclut-elle le silence ? La liberté de la presse inclut-elle la censure ? La liberté de la presse inclut-elle la monopolisation des médias par une minorité ? La liberté de la presse inclut-elle le foutage de gueule quotidien qu’on nous impose au journal de 20 h sur les chaînes nationales payées avec l’argent des contribuables ?

En réalité, la liberté de la presse n’est que la liberté des propriétaires des moyens de communication. Je ne suis pas convaincu que nos intérêts respectifs soient partagés.

Et qu’ils ne viennent pas me casser les pieds pour quelques (rares) véritables informations sur la guerre en Irak ou sur certaines réalités autour de Bush. J’affirme que sans Internet, et la pression forcément exercée par la base qui veut savoir, comprendre, la "presse" (celle qui s’admire et se congratule tant) n’aurait pas bougé le petit doigt... Et oui, c’est la "démocratie" de l’Internet qui a - un peu - sauvé notre droit à l’information.

Non, ce n’est pas la liberté des journalistes encartés, encore moins celle de "la presse", qui est importante. C’est qui est important, c’est la liberté d’informer, et ce n’est pas la même chose. Ce qui nous amène directement à la "possibilité" de s’informer. Et oui, à quoi sert la "liberté" de s’informer sans la "possibilité" de s’informer ? Nous y voilà. Car c’est justement cette liberté-là qui est désormais mise en danger par la presse elle-même. Celle qui est censée être le meilleur garant de la démocratie.

"Si tu n’es pas pour la liberté de la presse, tu es donc pour la censure ?". Ha, ha, ha. Je l’attendais celle-là. Merci de m’avoir posé la question. Elle est bien bonne car ça fait une heure que je dis le contraire. Le problème est le suivant : que se passe-t-il lorsque la censure - ou la non-information - est le fruit de la presse elle-même ? C’est d’autant plus vrai que le contraire de "liberté" n’est pas "censure" (comme certains voudraient nous le faire croire), mais "contrôle". Contrôle qui par ailleurs existe déjà : celui exercé par les actionnaires des sociétés de presse. C’est pourtant simple : le contrôle de facto de l’information par une minorité n’a rien à voir avec la démocratie.

Soyons clairs. Je ne demande pas que l’on censure les propos du président des Etats-Unis. Je réclame simplement le droit d’être informé aussi sur ceux de Fidel Castro - par exemple. Je ne demande pas que l’on empêche tel ou tel journaliste de s’exprimer à une heure de grande écoute, je remets en cause le droit régalien arrogé par celui-ci pour occuper tous les soirs le petit écran. Quoi ? Il n’y aurait donc personne d’autre dans ce foutu pays pour nous informer avec, disons, un éclairage différent ?

"T’as qu’à changer de chaîne". D’accord. "T’as qu’à acheter un autre journal". OK. Déjà entendu. Je l’ai fait. Résultat : je ne regarde plus la télé et je ne lis plus les journaux. Et pour vous dire la vérité, j’en suis arrivé au point de cultiver ce petit espoir secret : que nous soyons de plus en plus nombreux à laisser tomber ces abrutis et qu’ils crèvent comme ils ont vécu : par et pour l’argent. Je plaisante. Un peu.

Alors que diriez-vous de la phrase suivante : "la possibilité de s’informer est le meilleur garant de la démocratie". C’est déjà mieux, non ? Cela induit beaucoup de choses. Par exemple, qu’une véritable démocratie ne saurait exister sérieusement sans une démocratisation de la presse. La liberté de la presse ne garantit aucunement la démocratie. La presse ne fait au mieux que refléter l’état de la démocratie. Il arrive même que la presse soit le principal prédateur de la démocratie. L’histoire du Chili, du Nicaragua et (presque) du Venezuela nous le montre. Et ce ne sont que quelques exemples pris au hasard dans ma mémoire.

Vu sous cet angle là, les Cubains, par exemple, qui lisent Granma et reçoivent aussi une vingtaine de radios états-uniennes ont plus de possibilités de s’informer qu’on voudrait nous faire croire. On peut d’ailleurs constater tous les jours que les Cubains sont globalement mieux informés que le quidam moyen de nos propres contrées... Oh doux paradoxe des temps modernes où le premier venu d’une "dictature féroce" du tiers-monde connaît mieux la marche du monde que le premier parvenu du Texas.

Et personne ne semble avoir remarqué que si la presse cubaine ne dit pas tout, c’est vrai (existe-t-il d’ailleurs une presse qui "dit tout" ?), on ne l’a jamais encore prise - à ma connaissance - en flagrant délit de mensonge. Oh autre doux paradoxe des temps modernes : la presse "contrôlée" d’une "dictature féroce" du tiers-monde ne dit pas tout mais ne ment pas, tandis que la presse "libre" de chez nous dit tout et n’importe quoi et ment assez souvent...

Personne n’est parfait.

Défendre la liberté de la presse, c’est défendre une industrie. Défendre le droit à l’information, c’est défendre une idée. Idée mise à mal justement par l’industrie de l’information elle-même. Alors ne nous trompons pas de combat, comme certains nous y invitent...

Si s’informer est un droit pour tout citoyen, alors informer est un "devoir" pour la presse, pas une "liberté".

Alors, à moins de jouer aux hamsters dans la petite roue de Reporters Sans Frontières et autres barons de l’industrie médiatique, ce n’est pas la liberté de la presse qui est le meilleur garant de la démocratie, c’est la (véritable) démocratie qui est le meilleur garant de la liberté (réelle) de la presse.

Ne leur en déplaise, la "liberté de la presse" a bien des limites. La Liberté de la Presse s’arrête exactement là où commence Mon Droit à Une Véritable Information.

Vous pouvez me citer.

Viktor Dedaj "défenseur des messes laborieuses" Aout 2004. vdedaj@club-internet.fr.

EN COMPLEMENT :

Le livre est arrivé : La face cachée de Reporters sans frontières (De la CIA aux Faucons du pentagone), par Maxime Vivas, novembre 2007.

Les USA financent Reporters Sans Frontières, par Diana Barahona.

Cuba : Les US financent des groupes anticastristes à l’étranger, par Laura Wides-Munoz - Associated Press.

Journalisme à la carte contre Cuba, par Carlos Fazio.

Reporters Sans Frontières et Cuba : L’ art de se tirer une balle dans le pied, par Viktor Dedaj.

Les Mensonges de RSF - suite mais sûrement pas fin, par Viktor Dedaj.

Edifiant ! : Déclaration du Secrétaire d’Etat adjoint US Robert Noriega à propos de Cuba. A lire jusqu’au bout.

Et unepetitederniere pour le fun ... Ben quoi ?

RSF et les douze salopards. ( Source Cuba Solidarity Project ) par VIVAS Maxime

Le 12 mars 2008, le directeur de la Division de la liberté d’expression, de la démocratie et de la paix de l’UNESCO (organisation de l’ONU pour l’éducation, les sciences et la culture), a notifié en termes diplomatiques que l’UNESCO retirait son patronage à la Journée pour la liberté sur Internet, organisée par Reporters sans frontières.

Il s’agit là d’un refus cinglant de s’associer aux activités envisagées par RSF, dont l’UNESCO « n’a pas eu connaissance et qu’elle ne peut reprendre à son compte », assorti d’une dénonciation de l’utilisation abusive « du logo de l’UNESCO ».

RSF en tribunal de l’inquisition.

Selon l’agence Prensa Latina citant des sources diplomatiques de l’ONU, la conduite de RSF n’est pas conforme au positionnement de l’UNESCO ; elle démontre son intérêt pour le sensationnalisme et son objectif de s’ériger en tribunal de l’inquisition contre des nations en voie de développement. Toujours selon l’agence, des diplomates de l’ONU, qui ont demandé à conserver l’anonymat, tiennent pour définitive la rupture des relations avec RSF. l’UNESCO exclurait « tout type de collaboration dans le futur ». Bizarrement, ont confié les diplomates, la liste noire de RSF ne compte aucun pays occidental, mais seulement des pays du Tiers monde.

Incroyable partialité.

S’il fallait donner un seul exemple de l’incroyable partialité de RSF, prenons celui-ci :

Les Etats-Unis, qui exercent un contrôle mondial sur Internet, interdisent à Cuba de se connecter par câble. Le coût des communications, par satellite, s’en trouve quadruplé. Ce pays pauvre assure une intense activité de formation de tout son peuple en informatique mais, s’agissant d’Internet, accorde une priorité (pas une exclusivité !) aux besoins vitaux (liaisons entre administrations, secteurs de santé, défense, éducation, recherche…).

Cette pénurie est en grande partie la conséquence d’un blocus des USA contre la petite île des Caraïbes, mesure condamnée chaque année par l’ONU. Le 30 octobre 2007, 184 pays (contre 4) ont voté pour sa levée.

Au mois d’octobre dernier, un voyagiste européen organisant des séjours à Cuba a constaté que 80 de ses sites Internet ont cessé de fonctionner. Ils avaient été placés dans la liste noire du Département du Trésor (US) et son hébergeur de nom de domaine avait dû les désactiver. L’Office of Foreign Assets (OFAC) est un bureau de contrôle US qui peut faire clore des sites hors des USA. Cette censure est une des mesures visant à accroître le blocus.

Posons maintenant que le niveau de liberté des Internautes cubains n’est pas suffisant. Ne faudrait-il pas, en le disant, dire aussi que quiconque les muselle depuis l’extérieur est liberticide ?

RSF ne le fait pas, pas plus qu’elle ne tient compte, pour condamner d’autres pays pauvres, de la situation économique, politique, militaire, etc. On ne peut imposer aux pays du tiers monde, en vrac, même à ceux qui sont ruinés, sans infrastructures, menacés sur leurs frontières, confrontés à la guerre civile, qu’ils usent d’Internet comme le fait la France, grande puissance, pays riche aux frontières sûres et dotée de l’arme atomique. L’absence de mise en perspective, la décontextualisation, traduisent un parti pris et condamnent à l’impuissance les partisans d’une libéralisation nécessaire, lesquels ne sont pas tous absents des gouvernements des pays condamnés par RSF.

Le camouflet infligé par l’UNESCO n’est pas une première. Ci-dessous, on en trouvera d’autres de différentes natures, à imputer à des entités ou individus qui pourraient entrer dans la catégorie des « salopards », pour reprendre une terminologie Rsfienne (voir plus bas) qui reproche avec élégance à l’UNESCO, sa « lâcheté » pour s’être « déculottée ».

Les douze salopards.

1- Carl Gershman, le premier président de la NED (qui finance RSF) avouait en 1986 « Il serait terrible pour les groupes démocratiques du monde entier d’être vus comme subventionnés par la CIA ….. C’est parce que nous n’avons pas pu continuer à le faire que la fondation (la NED) a été créée ».

2 - Allen Weinstein, qui a travaillé à la rédaction des statuts de la NED, déclarait en 1991 : « Beaucoup de ce que nous faisons maintenant a été fait en secret par la CIA il y a 25 ans ».

3- En 1994 Rony Brauman, un des fondateurs de RSF dénonçait le « climat pourri » qui règne dans l’association, notre dépendance à l’égard de la Commission européenne… ». Brauman déplorait également l’autoritarisme de Robert Ménard et la « dictature domestique qu’il fait régner sur RSF ».

4- l’hebdomadaire Marianne du 5/11 mars 2001 qualifie sarcastiquement de « formidable » et de « courageux » les propos de Ménard : Nous avons décidé de dénoncer les atteintes à la liberté de la presse en Bosnie et au Gabon et les ambiguïtés des médias algériens ou tunisiens…mais de ne pas nous occuper des dérives françaises. »

5- Le 20 mai 2003, l’ONU, a pris des sanctions sans précédent contre Reporters sans frontières, suspendue pour une période d’un an du Comité des Organisations Non Gouvernementales, organe du ECOSOC chargé de superviser le travail des ONG qui jouissent de relations consultatives dans le domaine économique et social des Nations unies.

6 - Le 9 juillet 2003, RSF a été condamnée par la Justice française pour détournement de la célèbre photo du Che par Korda. Le 10 mars 2004, RSF a été à nouveau condamnée pour non respect de la décision judiciaire.

7- En décembre 2003, RSF a été déclarée persona non grata lors des Sommets Mondiaux sur la Société de l’Information (SMSI) à Genève, puis en novembre 2005 à Tunis. Ces sommets sont organisés par l’Union internationale des télécommunications (UIT), agence spécialisée des Nations unies. « Je suis furieux » déclare alors Robert Ménard. Et d’ajouter : « J’attends que ces faux culs des Nations unies prennent leurs responsabilités » (Agence France-Presse, 16 novembre 2005). Au Club de la presse Suisse, il a alors traité les chefs d’Etats visés par RSF de « salopards ».

8- le 15 janvier 2004, la famille du cameraman espagnol José Couso, assassiné par un tir délibéré d’un char US contre son hôtel à Bagdad, exige que RSF se retire du dossier pour clause de flagrante complaisance envers les tueurs. Après enquête, RSF avait conclu que les trois militaires impliqués n’étaient pas coupables.

9- Le 16 janvier 2007, le juge madrilène Santiago Pedraz a émis un mandat d’arrêt international pour l’« assassinat » de José Couso à l’encontre de trois militaires américains acquittés par RSF.

10- le 13 avril 2006, le Figaro écrivait : « L’économie vénézuélienne est depuis deux ans la plus dynamique d’Amérique latine. Le produit intérieur brut (PIB) a crû de 17,9% en 2004... », contredisant un abrupt jugement politicien de Ménard à Miami (Nuevo Herald, 21 janvier 2004) : « Le gouvernement de Hugo Chávez est un échec, une catastrophe économique de promesses non tenues ».

11- Le 2 avril 2008, Miguel Angel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères était en visite à Cuba. C’est le plus haut responsable gouvernemental de l’UE à se rendre sur l’île depuis cinq ans. L’Espagne se moque ainsi de la proposition de Robert Ménard, rapportée par El Nuevo Herald du 20 janvier 2004 : « N’a-t-on pas bloqué l’accès aux comptes que les terroristes avaient dans les banques européennes. Pourquoi ne peut-on pas faire cela dans le cas de Cuba ? »

12- Et l’UNESCO (voir plus haut).

Heureusement il y a les amis.

Il reste à RSF la complicité de la quasi-totalité de la presse française, la générosité des oligarques qui la contrôlent et de quelques officines écrans de la CIA ainsi que les encouragements des Colin Powell qui, dans son rapport « Commission for Assistance to a free Cuba « (458 pages) remis à Bush en mai 2004, en appelle à chaque page aux ONG et n’en cite qu’une en exemple (dès la page 20), le bon élève : Reporters sans frontières (associating Reporters Without Borders).

Maxime Vivas