Le premier, " La langue médiatique du 4 ème Reich " par Luc Douillard

Note n°001/22 avril 2008.

Histoire connue : Un journaliste soviétique des années 50 (à moins qu’il ne s’agisse d’un journaliste chinois des années 2000) achève son stage d’une année dans une télévision européenne (ou américaine). On lui demande ce qui l’a le plus surpris chez les médias occidentaux. Réponse : « Je suis fasciné de constater que finalement chez vous tous les journalistes finissent par dire exactement la même chose. Chez nous, pour obtenir le même résultat, il faut les menacer à chaque instant de la mort et des camps de rééducation ! »

Voici en quelque sorte le secret de fabrication de notre « 4 ème Reich », c’est-à-dire l’actuel empire des marchés médiatico-financiers. Sans jamais employer la force brutale, ce système économique ultra-perfectionné parvient à une bien meilleure cohésion de langage public que les sanglants systèmes totalitaires précédents, par la seule « servitude volontaire » des élites ( La Boétie ) et la fabrique du consentement consumériste.

C’est ce si « doux » 4ème Reich que cette revue de presse va étudier désormais, dans cette rubrique dont voici le premier numéro. (Voir à ce propos la célèbre étude de Viktor Klemperer sur la langue du Troisième Reich : Lingua Tertii Imperii.)

( Extrait de Lingua Tertii Imperii : « Quel fut le moyen de propagande le plus puissant de l'hitlérisme? Etaient-ce les discours isolés de Hitler et de Goebbels, leurs déclarations à tel ou tel sujet, leurs propos haineux sur le judaïsme, sur le bolchevisme? Non, incontestablement, car beaucoup de choses demeuraient incomprises par la masse ou l'ennuyaient, du fait de leur éternelle répétition.... Non, l'effet le plus puissant ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu'on était forcé d'enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s'insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s'imposaient à des millions d'exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente. »... Autre reflexion : " Langage totalitaire ou langage publicitaire ? " )

Libération se dénonce involontairement comme un journal de droite ?

Libération (22 avril 2008) se dénonce involontairement en titrant (page 15) « Les enseignants entre déprime et colère malgré les propositions Pochard ». Si Libération était un journal de gauche, il aurait écrit : « ’à cause’’ des propositions Pochard ». Une lecture attentive montre que l’auteur de l’article, Véronique Soulé, n’y est pour rien. C’est un chef de service qui a dû lui imposer ce titre sarkozyste. Car rien dans son article n’indique que le très réactionnaire rapport officiel Pochard pourrait réconforter en aucune façon le moral des enseignants.

Ouest-France « embedé » avec les CRS

Ce premier quotidien français (ce 22 avril 2008) annonce en page Une un reportage exceptionnel sur les CRS qui « se forment aux violences urbaines » (une expression passe-partout qui est déjà une marque de fabrique de la langue du 4ème Reich, car il amalgame allègrement des émeutiers armés comme à Villiers-le-Bel et/ou des manifestants politiques ou syndicaux non-violents). Ce reportage de Michel Rougier parvient assez efficacement à nous faire aimer les policiers, qui selon le journal ne semblent obsédés que par une chose : « L’art du CRS reste d’abord celui de la mesure ! ». Vrais-fausses confidences de CRS : « Le CRS bourré d’il y a 20-30 ans, ça n’existe plus » (donc ça aurait existé, prévenez les soixanthuitards !?), « On a confiance dans ses camarades (...) ici, c’est le cocon », « J’ai surtout choisi les CRS pour me rendre utile, défendre la veuve et l’orphelin » (L’essence de l’idéologie, c’est de finir par croire à ses propres mensonges et autojustifications ?). Le meilleur pour la fin : « On est avant tout une police républicaine. En face, ce sont pas des ennemis. Ce sont des manifestants qui revendiquent, ce sont des frères égarés. » Egarés, donc marqués du péché originel ? Derrière ce langage chrétien, se cache apparemment un attrait financier : Les heures supplémentaires et les frais de déplacement semblent très bien payés chez les CRS. Sans parler bien entendu des « jeunes des cités » qu’il faut « recadrer » (à coups de flashball et d’armes mutilantes ? L’article ne le précise pas).

L’Humanité cache une bombe politico-financière sur fond de génocide au Rwanda.

Toujours ce 22 avril 2008, le quotidien L’Humanité publie un compte-rendu du rapport de la Commission rwandaise sur le comportement des autorités françaises lors du génocide d’avril à juillet 1994. Une partie seulement des auditions sont publiques, « réunis en un volumineux dossier par la revue La nuit rwandaise, dans son deuxième numéro sortant ces jours-ci. »

www.lanuitrwandaise.net (Editions l’Esprit frappeur).

Plusieurs témoins cités par L’Humanité montrent que les autorités françaises étaient au courant qu’un génocide se préparait.

Et puis, au milieu de l’article, ce paragraphe inouï, que je cite intégralement :

« Trafic d’armes : Martin Marschner von Helmreich, homme d’affaires allemand, était dans le courant de l’année 1994, en liaison avec la CCR (CCR ? Moi connais pas, je ne connaissais que l’existence de la COFACE et de ses comptes discrets pour le financement public des ventes d’armes française aux dictateurs tropicaux. Note de l’Humanité : CCR = ’’Caisse centrale de réassurance, organisme couvrant des risques allant des calamités agricoles à ceux de l’armée française à l’étranger.’’) avec laquelle il avait signé une convention de courtage financier faisant de lui un partenaire de cette instance dépendant du Trésor public. Le 29 août 1994, la CCR l’informait avoir ’’perdu’’ un milliard de francs français appartenant à sa filiale Rochefort Finances. Quinze jours plus tard le trou était comblé par le Trésor public sans que la moindre explication ne soit donnée. Une partie des fonds détournés auraient transité par la BNP et servi à l’achat d’armes à destination des forces génocidaires, estime-t-il. »

Alors là, ma chère rédaction de l’Humanité, il faut que tu te montres digne de ton lointain fondateur Jean Jaurès. Tu dois publier chaque matin un journal qui n’est pas « Le Monde » ou la BBC, certes, mais qui doit être aussi ’’crédible’’ que si c’était eux, et mieux vérifié si possible. Sous peine de complicité avec la langue du 4ème Reich.

Soit cette information politico-financière franco-rwandaise n’était pas fiable, et dans ce cas, tu n’aurais jamais dû la publier. Soit elle l’est, et dans ce cas, il fallait évidemment en faire le plus grand titre de page Une. Alors qu’il ne fait même pas le titre de l’article, ni les chapô introductif, ni même le moindre intertitre de ce papier de Jean Chatain ! (Cherchez, c’est page 15, rubrique ’’Monde’’).

lucky.blog.lemonde.fr

Le deuxieme article " Le vrai / faux pouvoir des médias " par Patrick Mignard

Les médias occupent l’intégralité de l’espace social et politique, mais bien au-delà, ils occupent les consciences et même, ce qui est plus grave, les modèlent, les déterminent dans leurs comportements y compris militants. Pourtant ce pouvoir exorbitant est en réalité très relatif. A l’exemple de la religion qui durant des siècles a modelé les consciences, leur pouvoir n’est pas « leur » pouvoir, mais celui que nous leur prêtons.

LE PRIVILÈGE DES POUVOIRS

Tous les pouvoirs, quels qu’ils soient et à toutes les époques ont utilisé de la magie, de la religion, de l’illusion, tout cela plus ou moins baptisé « information » pour asseoir leur hégémonie et tenir dans une médiocrité intellectuelle les individus qu’ils exploitaient.

D’un système d’information religieuse nous sommes passés à un système d’information marchande. Privilèges du pouvoir religieux, allié direct, et intégralement partie prenante des classes dominantes dans le système féodal, l’information et la communication sont aujourd’hui au service des principes du fonctionnement du Capital… Ils font même mieux, nous allons le voir, ils sont un secteur de la valorisation du Capital.

Nombreuses et nombreux sont celles et ceux qui trouvent scandaleuse cette situation et considèrent qu’un système de communication devrait exister indépendamment des forces économiques et politiques. Il est vrai que le pouvoir religieux ne prenait pas autant de précaution en matière d’indépendance et assumait en toute clarté l’asservissement de l’information à ses propres intérêts… qui étaient évidemment ceux de Dieu. Aucune contestation n’étant alors plus possible.

Le système marchand a eu lui l’idée ingénieuse de faire croire, puisqu’il était, et est, « démocratique » ( ?), que les pouvoirs étaient, devaient être « indépendants » les uns des autres depuis le 18e siècle, y compris, depuis, ce « quatrième pouvoir » que l’on nomme INFORMATION. Ceci est évidemment faux,… mais ça marche, tout le monde, ou à peu près le croit, l’Université l’enseigne,… là est l’essentiel.

Il est en effet impensable d’imaginer qu’un pouvoir, garant d’un système d’exploitation, générateur d’inégalité et d’exclusion, puisse laisser autonome, indépendant, le traitement de l’information, surtout à une époque où les moyens de communication sont hyper développés. Si la main mise n’est pas explicite, elle en est tout au moins implicite et la structure du système marchand présente l’intérêt exceptionnel de rendre cette possession pas du tout évidente.

L’INFORMATION – MARCHANDISE

En effet, ce qui est un véritable totalitarisme dans la domination de l’appareil d’information n’apparaît pas en tant que tel. Il n’y a pas comme dans un système explicitement totalitaire une chape de plomb bureaucratique. Formellement la liberté règne, mais elle règne dans le sens que l’entend la marchandise c’est-à-dire que seuls ceux qui en ont les moyens financiers peuvent prétendre, de manière indépendante, à l’expression et à l’information. Certes, des exceptions existent, comme le Canard Enchaîné et de petites maisons - associations d’édition, mais ce sont des exceptions qui ne remettent pas en question le principe de base qui est celui de l’argent. Ces exceptions sont même, pourrait-on dire, la caution « démocratique » du système dominant. Les grands moyens d’information, écrits, audio et visuels sont entre les mains de puissances financières jalouses de ce qui constitue une puissance marchande, et fonctionnent sur le marché boursier comme n’importe quelle autre entreprise capitaliste.

Les médias sont certes médiocres, mais ils sont avant tout marchands, comme étaient religieux les « mystères », saynètes religieuses jouées autrefois sur les parvis des églises et que nous trouverions, aujourd’hui, tout à fait ridicules et scandaleusement infantilisantes.

Ne parlons pas de la publicité qui structure de plus en plus l’espace médiatique et qui est l’empreinte la plus évidente de l’omniprésence de la marchandise dans celui-ci. Publicité qui constitue également le principal financeur des médias.

Publicité, jeux, séries commerciales, sport, informations triées en fonction de l’impact publicitaire, constituent l’essentiel du paysage médiatique marchand.

L’intérêt de l’information ne réside pas dans le fait d’informer le public, mais dans ce que cette information va pouvoir apporter en taux d’audience : « sang, cul, jeux/sports » constituent le tiercé gagnant du monde médiatique.

Dans cette logique le pouvoir y trouve un double intérêt :

- en tant que garant du règne de la marchandise il favorise le développement d’un secteur quasiment industriel aux profits mirifiques ;…

- il développe un secteur particulièrement débile sur le plan intellectuel permettant de maintenir le « bon peuple » dans l’inconscience et l’inaction politique.

Il faut honnêtement reconnaître que le système est tout à fait efficace dans cette entreprise et ce, dans tous les pays.

UNE SOUMISSION GÉNÉRALISÉE

Ce système médiatique fonctionne en effet apparemment à la satisfaction générale. La frange de la population qui le dénonce est très réduite et la culture médiatique marchande a été universellement adoptée.

Le système médiatique encadre et rythme les grandes activités de la société civile. Des journaux d’information vis-à-vis desquels on est dépendant pour « savoir ce qui se passe », aux reportages sportifs sur lesquels on s’aligne pour organiser ses propres activités, la vie de la société civile est dépendante du système médiatique… et pas seulement télévisuel, mais même de la radio et des journaux dont les colonnes reflètent ou non ce que bon leur semblent.

Même les militants en sont à calquer leurs heures de manifestations et leurs déclarations pour les faire coïncider avec les horaires des informations télévisées. La présence ou non de journalistes - avec caméras de préférence - est un facteur ou non de réussite d’une mobilisation.

A la limite une manifestation non couverte médiatiquement n’existe pas.

Le spectaculaire se vendant bien, la contestation s’adapte à cette donnée marchande au point qu’il est aujourd’hui acquis qu’une manifestation violente, où, par exemple, des voitures sont brûlées, est sure de faire la une des médias. N’a-t-on pas vu des « journalistes » payer des « casseurs » pour faire des scoops ? N’a-t-on pas vu le pouvoir utiliser politiquement des faits divers largement médiatisés pour faire basculer l’opinion à la veille d’élections ?

Devant un tel déferlement de suivisme, de servilité, de bassesse, de mauvais foi et finalement… d’efficacité, il est tout à fait compréhensible que les médias se sentent tout puissants et que le pouvoir désire frénétiquement les contrôler… indirectement… pour sauver les apparences

Il est en effet aujourd’hui de notoriété publique que personnel politique et personnel des médias sont deux catégories qui s’interpénètrent largement – et ce, au sens propre comme au sens figuré. Le pouvoir des « patrons » de presse et autres médias, est suffisamment considérable pour que le Pouvoir s’y intéresse particulièrement. Quand ils ne sont pas directement nommés par le Pouvoir, comme dans le cas du service dit « public », les « patrons » des médias entretiennent des relations très étroites avec les hommes du Pouvoir. Il n’est qu’à constater la servilité des médias quand une grande échéance électorale se profile.

Sportifs, chanteurs et acteurs courtisans et autres éléments de la faune de la jet-set qui vivent en parasite de la société, contribuent, en faisant fantasmer le « bon peuple » sur des évènements sordides, minables et inessentiels fidèlement rapportés par les médias, à maintenir le degrés zéro de la conscience citoyenne.

Pour les contestataires, c’est la portion minimale qui leur est réservée…. Et non seulement ils s’en contentent mais la revendiquent, risquant en cas de protestation de se voir réduits définitivement au silence. La plupart des organisations politiques ont intégrés ces règles du jeu et obéissent fidèlement quand on les siffle pour « passer à la télé ».

Les rares journalistes sérieux et indépendants sont vite mis sur la touche ainsi que leurs émissions déplacées (« LA-BAS SI J’Y SUIS »), voire carrément annulées (« ARRET SUR IMAGE »).

Aux marges du système médiatique on trouve tout ce qui, aux yeux du pouvoir politico-commercial ne compte pas ou presque pas.

Tout ce qui peut-être envahi par la marchandise l’est irrémédiablement… généralement par la publicité qui fini par contrôler le journal, la radio… et en faire un support commercial.

On trouve, en cherchant bien, quelques îlots sains, des canaux, payants, sur satellites ou le câble avec des programmes de qualité, mais là encore faut-il faire l’effort, en particulier financier, pour y accéder.

Ainsi, la connaissance, la culture qui pourraient être largement aidées par les moyens modernes de communication sont ainsi laissées en friche et dans un état indigent par un système médiatique entièrement soumis aux intérêts financiers et idéologiques du Capital.

ALTERNATIVE ET MEDIAS

Il faut absolument se convaincre, et convaincre, que ce ne sont pas les médias qui font l’Histoire, même s’ils arrivent à manipuler l’actualité.

Les médias nous poussent à faire dans le spectaculaire sous prétexte de « popularisation », or, le traitement médiatique de l’évènement n’est que de pure forme, totalement soumis aux intérêts de l’ « information - marchandise »

Les rapports qu’entretiennent les militants alternatifs avec les médias sont souvent malsains. Ceux-ci, en particulier les chaînes de télévision, poussent à ce type de rapport en faisant miroiter le vedettariat.

La construction d’un évènement, d’une manifestation se fait généralement en fonction des critères médiatiques, par peur qu’ils ne viennent pas « couvrir » l’évènement, pas en fonction d’un projet stratégique d’ensemble… Conclusion, on a l’illusion momentanée de l’efficacité… en fait l’évènement n’est qu’un « feu de paille ».

__Apprenons à nous passer des médias. A ne pas faire pour eux, mais pour nous, en fonction de notre propre projet, de notre propre stratégie. Si ça leur plaît, tant mieux, sinon, peu importe. __ Ils ne sont pas avec nous et ne sont pas fait pour nous Ils ne fonctionnent pas sur notre logique, ils n’ont aucun de nos objectifs. Nous n’en avons rien à attendre d’essentiel. Il vaut mieux faire quelque chose de construit, non médiatisé, qu’une belle manifestation qui passera à la télé. S’ils viennent c’est bien, s’ils ne viennent pas, tant pis.

La question de l’information est importante pour populariser nos projets et nos actions. Il faut se donner des moyens de communication pour assumer cette fonction, certainement d’une autre manière que ne le font aujourd’hui les médias. Internet est un bon exemple de ce qui peut être fait.

Patrick MIGNARD Avril 2008

Apres ces 2 articles, quelques exemple sur les médias aux ordres donné par Chomsky avec une ch'tite analyse sympa et puis là, ho surprise, un article du Point sur " Les nouveaux combattants de l' ultra-gauche " ( sic ) Bonjour les dégats ... Manipulation, quand tu nous tiens ... Extraits :

Font déja tres fort d'entré au Point :

" Violences et tentatives d'attentat se multiplient contre les bâtiments publics. Leurs auteurs sont souvent de très jeunes militants autonomes qui haïssent l'Etat et le capitalisme, et jugent l'extrême gauche « embourgeoisée ». Les Renseignements généraux les surveillent de près. Etat d'une menace qui progresse... et inquiète ... " Ben voyons, le ton est donné, les R.G s'inquietent ...

" ... Un récent rapport de la Direction centrale des RG, classé confidentiel et remis à la ministre de l'Intérieur, estime le nombre de ces militants « entre un et deux milliers » dans l'ensemble de la France et signale l'existence de « quelques centaines d'éléments radicaux » -que la hiérarchie policière estime « aux alentours de 300 ». Leurs terrains privilégiés sont situés à Toulouse, Montpellier, Nantes, Rennes, Grenoble, Lyon et dans la région parisienne. On les retrouve dans les grandes manifestations politiques comme les défilés contre le contrat première embauche (CPE) en 2006 et la réforme des retraites en 2007, où ils se joignent souvent aux « casseurs ». On les remarque aussi dans les rassemblements de soutien aux sans-papiers ou les protestations contre les expulsions. Les cortèges de militants altermondialistes à l'occasion des sommets du G8 constituent pour eux des points de ralliement obligés. Leurs retrouvailles avec leurs homologues européens y suscitent des déchaînements de violence -comme à Gênes, en 2001, où les carabiniers s'étaient laissé entraîner dans une sanglante bataille rangée.

Mais, si leur vigueur et leur résistance surprennent dans les bagarres avec les forces de l'ordre, ils n'ont pas le profil des skinheads et autres brutes de l'extrême droite fascisante. « Ils ne constituent pas une organisation structurée, mais ils ont une culture politique et une formation idéologique bien supérieures, explique un dirigeant policier. Et ils maîtrisent les techniques de la guérilla urbaine, ce qui les rend redoutables. » Ils lisent la presse (même s'ils dénoncent sa « soumission au capitalisme »), communiquent via Internet, animent parfois des sites Web dont l'objet apparent est le soutien aux prisonniers ou aux immigrés. Ils rêvent de grèves générales et leur référence continue d'être Action directe, qui enchaîna hold-up, attentats et assassinats dans les années 80. D'où la crainte policière de voir ces émules passer à l'acte un jour. Signe d'une adulation jamais démentie : en décembre 2007, un petit groupe de sympathisants toulousains, le Mix'Art Myrys, organisait une vente de tableaux au profit d'un comité de soutien aux prisonniers politiques d'Action directe-Nathalie Ménigon, l'un des pivots d'AD, est en semi-liberté au centre de détention voisin de Seysses...

... A la demande de Michèle Alliot-Marie, un vaste recensement national des actes et des groupes en relation avec cette mouvance est en cours... "

( Lire tout l'article, Faut que le citoyen lambda ait peur ... )

Reaction immediate d' Indymédia Paris ( merci à eux ) avec ce texte :

Pour ceux qui ne le savaient pas, une enquête nationale est en cours autour de la dite "mouvance anarcho-autonome". Ce nouvel article du Point , tracé sous la dictée policière, joue à nouveau sur le spectre d'un retour du terrorisme d'extrême-gauche, de type Action Directe, pour enfermer d'avance au nom de suspicions d'"intentions terroristes" ceux et celles qui s'organisent en marge des partis et des syndicats.

__Ceux-là même qui seraient susceptibles ne l'ont-ils déjà pas fait lors, notamment, du CPE ? d'établir les passerelles qui manquent à un mouvement social qui s'épuise à force de s'affronter à des aveugles et à des sourds. Ceux-là mêmes qui nourrissent des perspectives plus larges que de simples revendications et pensent qu'il n'y a pas qu'en mai qu'on peut se révolter. Peut-être est-ce cela qui dérange.

Que faire quand les voies politiques traditionnelles (pseudo-contre-pouvoir institutionnels, pétitions, manifestations, grèves encadrées) apparaissent incapables d'infléchir les politiques gouvernementales et, au-delà, de faire émerger un monde - ou des mondes - qui échappe à la logique implacable du capitalisme ?__

D'autres idées, d'autres formes de vie, d'organisation, d'envisager la politique et la révolte existent. Ne les laissons pas nous terroriser, nous bayonner, nous enfermer, nous "groupusculiser", nous séparer.

Les flics et les médias rêvent de terroristes quand nous voyons des ami-e-s, des copains, des copines et des camarades.

Ils veulent faire peur et, pour y parvenir, en rajoutent sur les faits, tablent sur des suspicions, établissent des liaisons foireuses et instituent de faux modèles, de fausses "références".

Il tient à tou-te-s de ne pas y donner foi, d'en discuter autour de nous pour nous faire notre propre idée... car on ne peut pas répéter sans cesse que les médias mentent, manipulent et leur donner crédit quand est utilisé, répété, le mot-clef "terroriste", repoussoir institué susceptible de faire passer des activistes, des militants pour des criminels et pourquoi pas des assassins.

Regardons l'histoire, voyons à quels points certains pratiques étaient courantes il n'y a pas si longtemps, sans pour autant que leurs auteurs soient dénoncés comme terroristes... et demandons nous pourquoi.

Ne pas lâcher

Se sentir solidaire

Garder la pêche

Les nouveaux combattants de l'ultragauche

( Source de l' article Indy )

Serions nous, nous les " Electrons Libres en Transit " des nouveaux combattants de l' Ultra Gauche messieurs les R.G ? ... :-) ... Ben quoi ? Nous aussi, nous cherchons à nous renseigner ...