Infos du Monde ... Du " développement durable ", de la Télé et des meilleurs ...
By des Electrons Libres en Transit on Thursday, April 10 2008, 19:32 - BIENVENUE DANS UN MONDE MEILLEUR ...BEN VOYONS ! - Permalink
Le Bétisier du " Développement Durable ", de " La télé ou la Planète ? " et autres joyeusetés ...
Avant toutes choses et un peu plus sérieusement, ce communiqué de la Conf
Cruiser l'hécatombe continue : vent de panique dans le Nord Ouest de l'Italie
Communiqué de presse - 7 avril 2008
Dans les plaines du Nord Ouest de l'Italie, les semis de maïs sont commencés, et comme l'année dernière l'hécatombe des ruches a commencé. Les poussières émises par les semences traitées au Cruiser, ou avec d'autres molécules semblables contaminent les gouttes de rosée et les fleurs butinées par les abeilles.
On assiste à un impressionnant exode de ruches vers les zones de montagne. Les apiculteurs qui en ont la possibilité cherchent à sauver leurs ruchers. Ils fuient les plaines empoisonnées en pleine floraison pour se retirer dans les zones hautes et froides. Pourtant le printemps y arrivera plus tard et leurs abeilles y risquent la famine.
Associations environnementales et apiculteurs italiens manifesteront ce mardi 8 avril à Rome pour exprimer leur colère, dénoncer le laxisme de l'administration et demander l'interdiction des insecticides systémiques en traitement de semences.
Le gouvernement français vient d'autoriser l'utilisation du Cruiser en traitement des semences de maïs. Cet insecticide, proche cousin du Gaucho est tout aussi toxique. La décision a été prise par les services de l'état, ans tenir compte de l'opposition des apiculteurs, ni des mises en garde qui leur ont été transmises, ni des déboires de nos voisins transalpins.
L'état garant de la santé publique et environnementale s'est pourtant désengagé de ses responsabilités d'expertises sanitaires. C'est sur la foi des seules études réalisées par Syngenta, propriétaire du produit, que cette autorisation a été délivrée. Circonstance aggravante, Syngenta s'oppose à ce que les documents censés établir l'innocuité du Cruiser pour l'environnement soient consultés. Y aurait-il quelque chose à cacher?
Le débat sur les OGM à l'Assemblée Nationale a mis en évidence la puissance des lobbies industriels, on constate ici qu'elle s'exerce avec autant de force en d'autres lieux.
Ces intoxications massives en Italie confirment, hélas, les craintes qui avaient été exprimées par les associations environnementales et les apiculteurs aux Ministres de l'Agriculture et de l'Écologie lors de la manifestation qui a rassemblé plus de 2 000 personnes le 21 février2008 à Paris.
Now, , cet article sur Libé " La semaine de l’écoblanchiment " par Jean-Louis Roumégas et Anne Souyris
" La Semaine du développement durable s’achève alors que le Grenelle de l’environnement s’est petit à petit transformé en Azincourt de l’écologie. Pour nombre d’entreprises et pour le gouvernement, la Semaine du développement durable est la semaine de l’écoblanchiment.
Cet événement, dont les intentions sont louables, se transforme en cache-sexe de l’inaction gouvernementale en matière d’environnement. Tout en culpabilisant les citoyens et en leur proposant une expiation facile de leurs péchés par des petits gestes individuels, on oublie de leur expliquer que nombre de politiques publiques que l’on choisit de mener sont antiécologiques. Comment permettre aux citoyens de faire les «bons gestes» dans de telles conditions ?
Ainsi, «l’écopastille» permet-elle aux constructeurs automobiles de communiquer sur les vertus soi-disant écologiques de leurs véhicules, de fait un peu moins polluants. Pendant ce temps, le gouvernement annonce en catimini que les prix des billets de train vont augmenter nettement et ponctionne une partie des bénéfices de la SNCF. Quant au fret ferroviaire, il est compromis par la fermeture de 262 gares de marchandises. Des actes du gouvernement concernant l’écologie ? On pourrait parler de la loi en faveur des OGM votée contre l’opinion d’une très large majorité de Français. Ou encore des autoroutes que l’on continue de construire malgré les engagements du Grenelle, ou de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes autorisé par M. Borloo en dépit de tout bon sens écologique. Enfin, on notera que le gouvernement, après avoir octroyé 15 milliards d’euros de cadeaux aux riches, réduit son budget de 7 milliards d’euros par mesure d’économie. Quels postes seront touchés ? Entre autres, la santé et le logement, alors même que l’isolation du bâti est un défi majeur pour résoudre les problèmes liés au changement climatique.
Mais l’écologie n’est pas seulement un faux prétexte, c’est aussi devenu un argument publicitaire, aussi mensonger que vendeur : l’écologie se retrouve utilisée à des fins marketing pour justifier les démarches les plus néfastes pour la planète. Voici quelques exemples d’écoblanchiment caractérisé…
Dans la catégorie entreprise publique : EDF a changé de logo, dépensant au passage des millions d’euros pour le faire connaître du public. Ce logo évoque une éolienne. Or la production éolienne en France est anecdotique. Comme l’ensemble des énergies renouvelables, cette énergie est freinée par la résistance politico-administrative organisée par EDF. L’entreprise préfère développer à tous crins le nucléaire, quels qu’en soient les coûts : démantèlement, problème des déchets dont on ne sait que faire, dépendance à l’uranium de la France et surtout risques mortels que l’on fait encourir à la population (plusieurs catastrophes évitées de justesse depuis quinze ans). Pendant ce temps, en Allemagne, le secteur des énergies renouvelables a créé 250 000 emplois. Il dépassera bientôt l’industrie des machines-outils et de l’automobile en termes de chiffre d’affaires.
Dans le secteur privé : Renault et Mitsubishi ex-aequo. La publicité du 4x4 Outlander Mistubishi précise : «Conçu et développé au pays du protocole de Kyoto.» Le comble lorsque l’on sait qu’un 4x4 pollue en moyenne une fois et demi plus qu’un véhicule standard. Malheureusement, c’est bel et bien l’ensemble du secteur automobile qui pratique aujourd’hui l’écoblanchiment, et les constructeurs français ne sont pas en reste.
Dans la catégorie politique publique : l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Pilotée par des collectivités territoriales, autorisée par un ministre de l’écologie, la construction de cet aéroport à proximité de Nantes cristallise à lui seul toutes les contradictions de nombre d’hommes politiques en matière d’environnement. A titre d’exemple, lorsque vous prenez l’avion pour aller de Paris à Marseille, vous émettez 93 kg de CO2. Le même voyage en train correspond à une émission de 3,6 kg de CO2. A quoi bon mettre en place localement un plan climat et réduire la place de la voiture, si dans le même temps, l’ensemble de ces efforts est réduit à néant par la construction d’un aéroport ? Plutôt qu’une semaine du développement durable, si on mettait en place des politiques durables ? Enfin. "
A ce propos et dans le style " responsables durablement " ( Ben voyons ), nous venons de lire un article sur une presse régional qui nous, nous a interpellé :
Extrait : " Au rond-point de la JAO, les grands panneaux jaunes l'annoncent : les camions ne peuvent plus emprunter la départementale 9, en direction de Monein. En cause : un glissement de terrain. Celui-ci s'est produit au sommet de la côte qui redescend vers Cardesse... blablabla ...Jean-Pierre Domecq, le conseiller général du canton Est, suit le dossier depuis le début. Il ne partage pas cet avis. « Dans les deux hypothèses, la situation était la même. Les éboulements sont réguliers. La structure géologique est difficile à maîtriser. C'est d'ailleurs la même configuration que celle du centre d'enfouissement des déchets de Précilhon. Nous avons fait le choix de ce tracé pour des questions d'efficacité, de coût et d'usage ». Ces derniers jours, tous les engins de chantier ont disparu. La reprise des activités n'est pas encore programmée
En dehors du fait de cette histoire de route ,( bonjour l' efficacité d'une départemental à usage prioritairement poids lourds, route Lacq Somport oblige ) ce qui nous a frappé, c'est cette irresponsabilité totale de certains administrés du conseil général de cette région ( le Bearn )de décider d'un centre d'enfouissement de déchets ( et bonjour les déchets dans cette région quand l'on sait que la commune de Lacq devient le premier pôle chimique d' Europe ) dans des conditions non sécurisés , qui plus est sur une des nombreuses failles sismiques de la région ,relevant d'un simple bon sens . Comme nous le disait un ami de passage : " Sont bêtes à bouffer du foin, qui plus est O.G.M ... C'est pas possible "
Now, voyons comment cette société de con(sans)sommation s"applique durablement dans le durable ... Avec ce Bétisier de l'institut d'études économiques et sociales pour la décroissance soutenable ( ben voyons ... elle pourrait debvenir rapidement insoutenable pour beaucoup qui pensent encore à lasoutenabilité d'une décroissance ... Cela doit etre comme leur cerveau ...)
« Le développement durable c’est pas aussi compliqué que ça en a l’air. Ça consiste en réalité à essayer de concilier au mieux les ambitions économiques, en d’autres termes la croissance économique, les ambitions sociales, l’emploi, la cohésion sociale, et les ambitions environnementales. Il est possible aujourd’hui d’avoir une croissance, qu’on appelle une croissance vertueuse, c’est-à-dire écologique. Vous développez les énergies renouvelables, par exemple, vous avez une baisse de la facture énergétique pour les foyers, donc ça c’est social, vous avez des emplois créés, ça c’est économique, et vous avez une protection de l’environnement. Un exemple de politique du développement durable dans le domaine du transport c’est de favoriser l’émergence de voitures dites propres. » Chantal Jouanno, conseiller du président au Développement durable, Élysée TV. YEAAA!!!
Vous en voulez d'autres? hummm ... C'est par " là "
Enfin, une proposition d'action par " les Casseurs de Pub "
" Allez, sors de cette boîte ! Tu y es enfermé en moyenne 3 h 30 par jour. Tu ne vas passer ta vie dans cette prison mentale. Tu vas pas laisser tous ces animateurs débiles t'avilir. La semaine sans télé, c'est l'occasion de briser la glace, de se libérer de cette machine à abrutir. Allez viens, on a une vie à vivre et un monde à transformer. ... " ... Ben voyons ... Nous serions plutôt pour des comandos " casseurs de télé " ...
Prochainement, nous vous joindrons tout un petit dossier sur la télé et sa manipulation des foules abrutis par celle-ci qui se laisse manipuler complicitement ... D'ailleurs, vousen avez des preuves tous les jours ...
Pour une mise en bouche, nous vous conseillons la lecture du prochain chapitre intitulé
Du télé-formatage de François Brune, auteur de Les médias pensent comme moi ! (L’Harmattan, 1997).
1- L’hypnose. Le premier effet idéologique de ce divertissement à alibi informatif qu’on nomme « télévision » consiste à vous dissuader d’aller regarder ailleurs. Ce qu’offre le poste, c’est tout tout de suite. Il flatte en nous le fantasme d’une saisie globale du monde par l’image. Cette promesse de totalité est aussi promesse d’immédiateté. Un grand vertige s’empare alors du citoyen. Va-t-il louper cette totalité offerte à son regard ! Vite, il lui faut voir-c’qu’y-a-à-la-télé, et donc, rester rivé à l’écran plus de trois heures par jour. On n’a pas totalement ce qu’on n’a pas dans l’instant.
Cette offre de possession du monde est l’arme absolue qui soumet nos cerveaux au système publicitaire. Je suis chaque soir happé par ce que je veux happer. Les programmes télévisés, leurs présentations dans le journal, les bandes-annonces qui les rappellent au fil du jour, les conseils amicaux de ceux qui croient devoir s’insérer dans la culture de l’époque, tout jalonne notre existence de rendez-vous à ne pas manquer : le journal de telle heure, l’émission hebdomadaire de tel animateur, le documentaire spécial de telle chaîne, le film célèbre d’un « immense » réalisateur des années X… De sorte que les meilleures des émissions deviennent les pires dès lors qu’elles inscrivent dans nos cerveaux l’impératif social du « devoir regarder ».
2- Le détournement du réel. Régnant sur « tout ce qui se passe », la télévision s’octroie le monopole du « réel ». Puisqu’elle peut aller partout, rien ne lui échappe. Elle chasse les événements-images et les images-événements, elle les produit quand elle ne les trouve plus. Elle vous impose ce qu’elle montre en semblant vous « l’expliquer ». Qu’il s’agisse de petits épisodes concrets, de faits dramatisés, ou de « scoops » carrément inventés, elle semble dominer le « réel » dont elle se fait l’écho. Elle détermine ce qui « fait l’actualité », elle maîtrise « ce qui arrive ». Celui qui ferme le bouton s’exclut du monde, il lui semble ne plus exister ; mais celui qui demeure « fidèle au poste », devant l’ordre des choses imposé par la rythmique événementielle, n’existe pas davantage : il est sans prise sur ce qu’il voit, il ne peut justement que voir, s’émouvoir et se taire.
Pire : la réalité propre du citoyen spectateur se trouve, à tout instant, dévalorisée par les mille et une « réalités » sociales ou mondiales dont on le bombarde en permanence. La télévision disqualifie tout ce qui ne passe pas à la télévision, c’est-à-dire la majeure partie de ce que vivent les hommes. Et voilà celui qui croyait dévorer le monde par les yeux n’éprouver, chaque soir, que sa totale impuissance sur ce monde dont dépend sa vie.
3- L’idéologie du spectacle. Cette impuissance du spectateur a ses consolations : la « qualité » du spectacle. Mais voilà qui engendre un autre trait pervers. Car ne vaut, pour la télévision, que ce qui mérite d’être « vu ». Ne vaut que ce qui vaut d’être « exhibé ». Primauté du visuel bien palpable, du dramatique à souhait. S’il le faut, on arrange les faits, les témoignages, les séquences visuelles ; on réduit, on tronque, de peur que le téléspectateur « décroche ». Non seulement, le « réel » a été sélectionné en raison de sa qualité spectaculaire, mais voici que le spectacle prend de plus en plus la place du réel, puis devient le seul réel susceptible d’intéresser un public trop bien conditionné.
Cela se fait par degrés. On commence par tourner en dérision certains aspects trop « sérieux » de la réalité, notamment du monde sociopolitique, dont les acteurs croient devoir devenir des « vedettes ». Puis la télé se met à mimer ou à produire un réel plus réel que le réel (et donc falsifié), avec la profusion des « reality shows » et autres docudrames, sans parler de ces émissions-laboratoires où des cobayes humains vivent des expériences intimes-exhibées, propres à faire fantasmer le public dit « réel ». Et voici que la TV, transformant dés lors la réalité en simple illustration du monde fictionnel, donne lieu à des journaux avec interview d’assassin, preneur d’otages en direct, événements filmés dans leur déroulement à la manière d’un film-catastrophe, de sorte que le monde factuel n’est plus que la caution d’un imaginaire frelaté, – celui où baignent les dramaturges à téléfilms... Tout devient image, virtualité. Le seul repère concret, qui se couvre lui-même des oripeaux du spectacle, demeure alors l’appel publicitaire dans toute sa contagieuse trivialité.
4- L’omnipub : tout se consomme. À l’origine de ce monde falsifié, il y a en effet la tyrannie publicitaire. C’est elle qui, apprenant les cerveaux à ne juger du produit que par le spectacle du produit, a habitué le public-enfant à ne juger du monde que par le spectacle du monde. Ce faisant, elle a soumis le petit écran au dévergondage de l’ordre marchand, qui enseigne que tout se consomme, et qu’il n’est d’autre but que de vendre et de se vendre. Tout devient annonce, « showbiz » et promotion. Voici les stars du spectacle, y compris les vedettes du champ politique, qui se donnent elles-mêmes à « consommer » comme figures emblématiques du nouveau savoir-vivre, et se répandent en confidences biographiques, en éloges mutuels et en rires euphoriques, dans un total déni de la réalité tragique qui est celle du monde contemporain.
En parfaite osmose avec l’ordre publicitaire, la télévision cultive chez ses habitués une seule et même pulsion consommatrice, au mépris de leur humanité. L’événement se consomme, les produits et les stars se consomment, les « valeurs » humaines se consomment – images virtuelles parmi d’autres –, si bien que les discours dérangeants, voire les prophètes de notre monde, convertis en « signes » d’authenticité, se « gobent » sans frémir entre un spot sirupeux et un sketch bien vulgaire, le tout relié par le bavardage complaisant d’animateurs qui s’imaginent incarner le public.
5- Le pseudo-forum : la dépolitisation. Le grand alibi des « pros » de la télé est de se faire le miroir du « public », assimilé à l’Opinion, et considéré comme équivalent du « peuple ». La démocratie cathodique consisterait, sondages à l’appui, à refléter les gens tels qu’ils sont. Ceux-ci s’auto-consommeraient furieusement en adhérant à des spectacles (ou à des personnalités) qui leur ressemblent, à des débats dont on leur clame partout qu’ils portent sur ce qui « intéresse vraiment » les Français. On s’ingénie alors, par divers dispositifs, à faire partager ce leurre. Il n’est plus d’émissions où l’on ne fasse paraître le public sur l’écran, sur des gradins ou sur le plateau ; des panels de citoyens dits « représentatifs » (alors qu’ils ne sont que « triés ») y ont droit à leurs trente secondes de témoignage ou d’interrogation ; des mini-sondages, interviews divers, micro-trottoirs s’ajoutent à cette batterie pour persuader le téléspectateur qu’il est collectivement représenté : et voici la France toute entière rassemblée, dans le poste en même temps que devant le poste. L’audimat confirme. La TV devient le lieu d’une assemblée populaire permanente et souveraine… Et cette vaste bulle médiatique, ce théâtre-miroir, jouent si bien au forum républicain, que les « médiaticiens » eux-mêmes, pris à leur propre piège, croient y trouver l’essentiel de ce qui fait l’existence des citoyens.
En réalité, la TV ne constitue les citoyens en « public », supposé majoritaire, que pour imposer cet invisible poids du public à chaque citoyen. La télévision, c’est vous : allez-vous échapper à cette projection de vous-mêmes ? La télévision, c’est l’évidence du monde : allez-vous lui opposer une conscience (critique) fondée sur votre expérience personnelle ou sur d’autres approches ? Non, il faut tout accepter en bloc, et vous soumettre à la modernité qui vous est présentée, sous peine de vous opposer suicidairement à votre propre époque et à vos propres concitoyens. Ce que la TV vous interdit en permanence, c’est d’oser dire « non ». Du grand théâtre inintelligible du monde, contentez-vous de tirer du frisson, de savourer des scènes, de quoi rire ou pleurer, s’esbaudir ou s’atterrer, selon l’humeur du moment, en direct ou en différé. Le monde que vous voyez n’a pour objet que de vous dis-traire du monde que vous vivez.
6- L’école du voyeurisme. Au spectateur sans pouvoir, il ne reste donc comme compensation que la rage de voir. Consommer des signes faute d’agir sur le réel. Je veux de l’exploit sportif, je veux de la météo sponsorisée, je veux des jeux d’argent, je veux des séquences de violence ou de sexe, je veux des gros plans sur le visage buriné de compassion de mère Térésa autant que sur les formes inouïes de la dernière Star sexy (dont Télé 7 jours me précisera les mensurations). Une seule chose hante désormais ma vraie vie privée bien à moi : voir, voir toujours plus, devenir le voyeur de la vie des autres, qu’elle ressemble à la mienne ou qu’elle la surcompense.
À cette surintensité du voyeurisme, quasi structurelle, répond l’essor sans frein de l’exhibitionnisme sur le petit écran. Connivence sexuelle, dégustations sado-macho, apitoiement savoureux sur les drames, sanglantes sensations d’un thriller, image insoutenable d’un innocent qui meurt en direct. Dévoiler l’horrible, garder les yeux ouverts : degré suprême où communient le voyeurisme des uns et l’exhibitionnisme des autres. Deux traits qui n’en font qu’un : le moindre spectateur tranquille peut, passant sur le plateau, se découvrir aux autres tel qu’il eût aimé se consommer comme voyeuriste. Spirale sans fin : un voyeuriste insatiable est, potentiellement, un exhibitionniste sans retenue. Ce qui explique la vulgarité crasse de tant d’acteurs médiatiques : passer à la télé, ce n’est plus seulement se faire produit parmi d’autres produits : c’est se faire produit qui se déballe, dans un narcissisme monstrueux dont le public voyeur est complice.
7- Le vide intérieur. Dans sa logique actuelle, le système télévisuel vampirise l’intériorité des personnes. Il vide chacun de sa substance, pour ne l’emplir que de ses exhibitions factices. Il tue la culture dans la façon même dont il la célèbre. Certes, objectera-t-on, il y a parfois de « bonnes » émissions, comme il y a nombre de citoyens qui savent user de façon restreinte et sélective de la boîte à images. À quoi l’on répondra, en pastichant Pascal, que la télévision est d’autant plus nocive qu’elle ne l’est pas toujours, car il est hors de doute qu’elle va globalement aujourd’hui dans le sens d’un asservissement mental des peuples.